Document de référence 2013

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Optimiser la contribution du Groupe au développement socio-économique des communautés et des territoires où TOTAL est implanté

Tout en s’assurant de la compétitivité des opérations, la démarche sociétale doit permettre de faire émerger de nouvelles opportunités, tout d’abord pour les territoires concernés, et renforcer les impacts positifs des opérations. Partout où il est implanté, TOTAL a une responsabilité particulière dans le développement socio-économique des communautés vivant à proximité de ses installations. Cette ambition se concrétise à travers plusieurs axes :

  1. L’engagement du Groupe en faveur de l’emploi local (local content) ;
  2. Les partenariats éducatifs autour de la formation et de l’éducation ;
  3. Le soutien à la mise en oeuvre de programmes socio-économiques.

L’engagement du Groupe en faveur de l’emploi local (local content)

En Afrique, le Groupe oeuvre notamment en faveur du développement du tissu industriel et de l’emploi local (fabrication locale, personnel local dans les filiales, pré-qualifications des contracteurs locaux, développement d’infrastructures nationales, diversification de l’économie locale) :

  • En Angola, dans le cadre du projet Pazflor, plus de trois millions d’heures de travail ont été réalisées localement. En synergie avec les projets éducatifs soutenus par Total E&P Angola, une cinquantaine de candidats ont été recrutés et formés dès 2007 par l’Institut national du pétrole pour devenir opérateurs de production sur le projet. Pour le projet CLOV, dont la mise en production est prévue en 2014, ce sont plus de dix millions d’heures qui ont été travaillées en Angola. Total E&P Angola, au travers de CLOV, a également formé près d’une quarantaine d’étudiants ayant obtenu le diplôme d’opérateur et qui travaillent aujourd’hui sur les FPSOs du bloc 17 en Angola. C’est la première fois, en Angola, qu’un projet effectue autant d’heures et possède un niveau aussi élevé de fabrication réalisée dans le pays.
  • Au Nigeria, la filiale compte déjà plus de 80% d’employés locaux et plus de cent nouveaux recrutements sont prévus chaque année au niveau local. Pour le développement d’Akpo, 28% de la construction a été assurée par des entreprises locales, ce qui représente environ dix millions d’heures travaillées. Pour le projet Egina, l’objectif est d’atteindre environ vingt-et-un millions d’heures travaillées localement.
  • Au Congo, Total E&P Congo a mis en place en 2012 une organisation consacrée au développement du contenu local. Ce département a pour mission de développer le recours aux entreprises congolaises notamment en identifiant et en évaluant les sociétés locales susceptibles de devenir des sous-traitants de Total E&P Congo puis en mettant à leur disposition des programmes de développement de leurs capacités (managériales, industrielles, HSE…). Une étude approfondie menée afin d’identifier le potentiel d’augmentation du contenu local de Total E&P Congo a permis d’identifier les secteurs d’activités où le potentiel de développement du contenu local était le plus important. Afin de renforcer les capacités locales sur ces secteurs clés, le projet Moho Nord a mis en place un plan de contenu local obligatoire vis-à-vis de ses contracteurs internationaux, répercuté en cascade sur les soustraitants locaux des niveaux inférieurs. Grâce à ces efforts conjugués, Total E&P Congo s’est donné pour objectif de porter le niveau de contenu local de ses achats de 22% actuellement à 32% à l’échéance 2022.

Le secteur Marketing & Services anime depuis plusieurs années, en Afrique Moyen-Orient, le programme « jeunes gérants » (Young Dealers) visant à promouvoir de jeunes employés de stations-service ayant des aptitudes commerciales et managériales. Leur suivi a pour objectif de permettre aux employés à potentiel d’accéder un jour au statut de gérant de station. Grâce à ce programme, les jeunes qui ne pourraient fournir de garantie peuvent bénéficier d’un prêt financier accompagné d’une formation et d’une assistance technique importante. Ainsi nombre d’entre eux se voient offrir la possibilité de créer et faire prospérer leur propre business dans la distribution des produits pétroliers. Avec ce mode de gestion, le Groupe développe des compétences et contribue à la motivation de ses employés en station. Sur 3 500 stations-service en Afrique Moyen-Orient, 1 300 sont confiées à des jeunes gérants, soit 29% du réseau de TOTAL.

Les activités de TOTAL génèrent des centaines de milliers d’emplois directs et indirects à travers le monde. Les seuls achats du Groupe représentent environ 31 milliards d’euros dans le monde en 2013. Autant d’enjeux en termes d’impact environnemental, social et sociétal dont TOTAL tient compte dans sa relation avec ses fournisseurs (se reporter au point "Loyauté des pratiques" de ce chapitre).

Un axe fort : le développement du tissu économique régional en France

Depuis les années 2000, la participation de prestataires locaux dans les projets industriels ne cesse d’augmenter. Au-delà des emplois générés par ses activités, le Groupe en tant qu’industriel responsable soutient les petites et moyennes entreprises (PME) en France via la structure Total Développement Régional (TDR). Son objectif est de favoriser la création de PME pour développer le tissu économique local.

Afin de collaborer avec un nombre croissant de fournisseurs locaux, TDR a mis en place une démarche de pré-qualification et de certification des PME-PMI françaises dans le respect des normes exigées par le Groupe.

Sur la plateforme de Normandie, dans le contexte d’investissements majeurs (supérieurs à un milliard d’euros, visant à adapter l’outil industriel à la demande du marché et des futures exigences environnementales, en améliorant l’efficacité énergétique, la sécurité et la fiabilité), la démarche « TOTAL Emploi Local » a été mise en oeuvre avec comme ambition de :

  • favoriser le développement de l’emploi local par la formation et la professionnalisation d’un public en manque de qualification ou en recherche d’emploi ;
  • permettre aux entreprises locales de travailler sur les chantiers de TOTAL.

TOTAL a ainsi initié une démarche de partenariat avec tous les acteurs économiques, de l’emploi et de la formation, et de l’inspection. Cette démarche novatrice permet d’afficher un bilan très positif car près de 1 200 emplois ont été créés dans la région havraise, dont plus de la moitié en CDI. Les entreprises locales ont complété leurs effectifs avec des personnels qualifiés et peuvent ainsi répondre aux besoins de futurs chantiers de la région. Les acteurs locaux de l’insertion, de l’emploi et de la formation disposent d’outils et d’une méthodologie pour anticiper les besoins en recrutement et en formation à venir. Les candidats peuvent valoriser leurs aptitudes grâce au passeport compétences auprès de futurs recruteurs. TOTAL a quant à lui achevé ses grands chantiers en confiant 70% des prestations à des entreprises locales. Une continuité est donnée à cette initiative, la Chambre de Commerce et d’Industrie du Havre pilotant maintenant ce projet rebaptisé « Compétences totalement estuaire », gage de durabilité de l’action.

Cette démarche peut également venir à l’appui d’opérations programmées de revitalisation de bassins d’emploi, pour accompagner le redéploiement des activités du Groupe : la reconversion du bassin industriel de Lacq en est l’exemple.

Ce soutien, qui constitue un volet majeur de la responsabilité industrielle et économique de TOTAL, se traduit par différents dispositifs :

  • appui financier à la création, reprise et développement des PME et aide à la revitalisation aux côtés des acteurs du développement local ;
  • accompagnement à l’export et au développement à l’international ;
  • aides aux PME innovantes.

Ces trois dernières années, TDR s’est ainsi engagé financièrement à hauteur de 12,5 millions d’euros auprès de 386 PME, soutenant 6 964 emplois.

Partenariats éducatifs

TOTAL promeut l’internationalisation de son management ; le Groupe entend donc favoriser le recrutement de personnels locaux et encourager leur accès à des postes à responsabilité, en particulier dans leurs filiales d’origine. Pour ce faire, le Groupe propose, dans le cadre de ses programmes sociaux, des bourses locales et internationales en amont du recrutement. Des milliers d’étudiants ont ainsi la possibilité de poursuivre leurs études dans leur pays d’origine ou dans les plus grandes universités du monde. En parallèle, le programme de bourses internationales de TOTAL a permis à plus de 700 étudiants originaires de trente pays de préparer en France des diplômes (licences, écoles d’ingénieurs, masters, MBA et doctorats).

Par ailleurs, TOTAL a signé en juillet 2012 un accord de partenariat avec le ministère des Affaires étrangères français sur le programme de bourses internationales en cofinancement, appelé « Quai d’Orsay – Entreprises » qui s’ajoute au précédent. Les cursus proposés à des étudiants de six pays différents sont des masters dans les universités françaises.

Avec le soutien d’autres grands groupes, TOTAL, Paris Tech et l’École Polytechnique ont lancé à la rentrée universitaire 2011 un master 2 « Sciences et technologies des énergies renouvelables ». À la rentrée 2013, quarante étudiants de dix-huit pays différents ont rejoint ce programme.

Les chaires d’enseignement de recherche font l’objet d’un soutien particulièrement actif de TOTAL avec trente cinq établissements dont la moitié sont français. Une des dernières en date est celle avec l’École Centrale de Lille sur l’ « Architecture d’entreprise ».

Autre initiative phare du Groupe en faveur de l’éducation : la quatrième édition du Total Energy and Education Seminar, qui a lieu à Paris tous les dix-huit mois et qui réunit une centaine de professeurs représentant plus de quarante pays. Ces professeurs ont des échanges avec des dirigeants de TOTAL et des experts externes sur des problématiques telles que l’avenir énergétique, le changement climatique, les relations entre universités et entreprises, ou encore les impacts de la mondialisation sur l’éducation et la gestion des ressources humaines.

La huitième édition de la Total Summer School s’est quant à elle tenue à Paris en juillet 2013. Elle a accueilli plus de cent étudiants originaires de trente pays, afin de débattre des enjeux de l’énergie.

Le programme des partenariats universitaires lancé en 2010 en Afrique s’étend à présent sur l’ensemble des continents d’Europe, d’Asie et du Moyen-Orient. Il reste à compléter pour les Amériques. Le but de ces partenariats, plus de cinquante à l’heure actuelle, outre les aspects sociétaux, est de préparer les talents nécessaires à la réalisation des ambitions internationales du Groupe.

En Afrique, le Groupe poursuit son soutien aux programmes pilotes en enseignement secondaire lancés en 2008 au sein des lycées Eiffel (Angola) et Augagneur (Congo) pour offrir un enseignement de qualité aux standards internationaux là où l’offre éducation reste encore limitée. TOTAL finance aussi le développement des classes préparatoires aux grandes écoles du Lycée Léon Mba au Gabon. Au niveau de l’enseignement supérieur, TOTAL est partenaire des Instituts pétroliers et des facultés des sciences de plusieurs pays : IST-AC (Congo / Cameroun), Institut du Pétrole et du Gaz (Gabon), Université de Port-Harcourt (Nigeria).

Le soutien à la mise en oeuvre de programmes socio-économiques

La contribution de TOTAL au développement socio-économique et humain des territoires où le Groupe opère se traduit au travers de sa participation à des programmes de développement local.

Au cours des trois dernières années, les dépenses sociétales du Groupe ont progressé de façon régulière : 305 millions d’euros en 2011, 316 millions d’euros en 2012 et 357 millions d’euros en 2013. La part des dépenses sociétales en pays hors OCDE est de l’ordre de 90%. En 2013, environ 3 400 actions sociétales ont été recensées, avec un équilibre entre les secteurs (Amont, Raffinage- Chimie, Marketing & Services).

Ces programmes sont menés en direction ou au service des communautés locales et visent à contribuer à leur développement culturel, socio-économique et humain. Il s’agit en général de communautés concernées par la présence ou les activités du Groupe. Ces programmes sont répartis en trois grands thèmes : citoyenneté, développement humain et social, développement économique local.

L’importance des partenariats

La démarche engagée par TOTAL tend à passer d’un modèle de don pur à un modèle partenarial. L’engagement doit se traduire par des partenariats de long terme dans tous les pays où le Groupe opère. Fondés sur une écoute attentive, un dialogue constructif et la ferme volonté de nouer des relations de confiance avec les parties prenantes, ces partenariats avec les institutions et les organisations locales sont gage de pérennité des projets. Un des huit indicateurs de pilotage de la performance sociétale retenus par le Groupe concerne ainsi le nombre d’actions menées en partenariat.

Dans toutes ses actions, TOTAL veille à ne pas se substituer aux autorités locales. TOTAL s’associe à cet égard à des ONG spécialisées dans l’action sociétale et dotées d’une vraie expérience de terrain. Elles lui permettent d’augmenter l’efficacité des programmes socioéconomiques accompagnés en l’incitant notamment à prendre en compte l’ensemble du cycle de vie de ses programmes, depuis leur conception jusqu’à l’arrêt de l’activité.

Au Congo, une convention de partenariat d’une durée de deux ans a été signée en juin 2012 avec le ministère de la Pêche et de l’Aquaculture et l’association Renatura pour lancer le « Programme d’Accompagnement des Pratiques de Pêche au Congo » : accompagner les acteurs de la pêche, appliquer la réglementation en vigueur, proposer des alternatives en termes de pratiques de pêche susceptibles de réduire les prises accidentelles de tortues marines et permettre une meilleure régénération des ressources halieutiques.

Par ailleurs, en soutien à la diversification des économies locales, TOTAL a renforcé son engagement auprès de l’Association Pointe-Noire Industrielle (APNI), une plateforme de développement des PME et PMI lancée en 2000. L’APNI propose les services d’un Centre de Gestion Agréé (CGA), qui assiste ou assure le suivi fiscal et la tenue de la comptabilité des PME. L’APNI propose également un Observatoire des marchés avec des conférences thématiques (La PME et sa banque, Etre jeune et entrepreneur, Entreprises et énergies…).

Au Nigeria, TOTAL s’est engagé en faveur du développement économique local de la région d’Egi, au coeur du Delta du Niger où il est implanté depuis 1964. En partenariat avec les communautés locales, TOTAL a créé le Small & Medium Enterprises-Development Network (SME-DN), un centre de formation qui a pour mission de stimuler et soutenir l’entrepreneuriat de la région. En 2011, TOTAL a sollicité l’assistance technique de l’Institut Européen de Coopération et de Développement (IECD) pour qu’il mette en place, au sein du SME-DN, sa méthodologie en matière d’appui aux petites entreprises. Depuis 2011, le SME-DN a accueilli trois promotions, soit un total de 77 entrepreneurs de la région d’Egi. Les résultats sont concluants : six mois après la formation, les entrepreneurs ont augmenté leur chiffre d’affaire (+25% en moyenne), améliorant ainsi leur niveau de vie.