Document de référence 2013

Logo TOTAL

Protection de l’environnement

Politique générale

Les principales entités du Groupe sont dotées de directions ou de services Hygiène, Sécurité et Environnement (HSE) qui veillent à l’application tant des réglementations locales applicables que des exigences internes en la matière. Au total, plus de 980 équivalents temps plein consacrés à l’environnement sont dénombrés dans le Groupe en 2013.

Des instances de pilotage Groupe, animées par la direction du Développement durable et de l’Environnement, sont chargées d’une triple mission :

  • suivre les performances environnementales de TOTAL, revues annuellement en Comité directeur et présentées au Comité exécutif, qui font l’objet d’objectifs d’amélioration fixés sur des périodes pluriannuelles ;
  • traiter, en collaboration avec les secteurs d’activité, des différentes thématiques concernant l’environnement dont ils sont responsables ;
  • promouvoir les normes internes à faire appliquer par les entités opérationnelles du Groupe en déclinaison de la charte.

De nouveaux objectifs ont été fixés début 2013, sur une période allant jusqu’en 2017.

TOTAL promeut par ailleurs en interne la conformité de ses systèmes de management de l’environnement à la norme ISO 14001. En 2013, 314 sites (contre 305 en 2012) du Groupe étaient couverts par un tel certificat, sur 858 sites opérés. Le nouvel objectif pour 2017 est d’avoir tous les sites de production émettant plus de 10 kt de CO2 équivalent par an certifiés, toujours avec une tolérance de deux ans pour les sites en démarrage ou nouvellement acquis. À la fin 2013, 100% des 84 sites remplissant ces conditions sont certifiés ISO 14001 et un site ayant démarré il y a moins de deux ans a planifié sa certification dans l’année 2014.

Tout projet d’investissement, de cession ou d’acquisition soumis à l’approbation du Comité exécutif voit ses risques et ses impacts environnementaux évalués et revus préalablement à la décision finale (se reporter également au point "Contrôle interne et gestion des risques" du chapitre "Gouvernement d'entreprise").

TOTAL fait partager à l’ensemble de son personnel ses exigences en matière de respect de l’environnement. Des actions de formation sont réalisées afin que le personnel soit doté des compétences requises. TOTAL sensibilise également ses collaborateurs par le biais de campagnes de communication interne (revues internes, intranet, affichage, etc.) et les informe annuellement de la performance environnementale du Groupe, à l’occasion de la diffusion du rapport CSR.

Deux formations de trois jours à l’ensemble des aspects HSE sont par ailleurs mises à disposition des entités opérationnelles. Les sessions « HSE Implementation » s’adressent aux personnes dont la fonction est spécifiquement de s’occuper d’une ou de plusieurs thématiques HSE au sein d’une entité (trois sessions ont eu lieu en 2013, avec soixante-dix-huit participants). La formation « HSE for Managers » s’adresse quant à elle aux managers de haut niveau, en responsabilité actuelle ou future dans l’une des entités du Groupe (cinq sessions ont eu lieu en 2013, avec 221 participants). Enfin la formation « HSE for Executives » destinée aux cadres dirigeants du Groupe et centrée sur les styles de management est dispensée depuis 2012 (cinq sessions ont eu lieu en 2013, avec 99 participants).

Empreinte environnementale

TOTAL mène une politique active de mesure, de maîtrise et de réduction de l’empreinte de ses activités sur l’environnement. Dans ce cadre, les rejets de substances sont identifiés et quantifiés par milieu de rejet (eau, air, sols), de façon à mettre en oeuvre des mesures adaptées pour mieux les maîtriser.

Eau, air

Les activités du Groupe génèrent des rejets chroniques tels que les rejets des fumées des installations de combustion, les émissions dans l’atmosphère des différents procédés de transformation, ou encore les rejets dans les eaux résiduaires. Au-delà du respect des réglementations applicables, les sociétés du Groupe veillent à appliquer une politique visant à diminuer les quantités émises. Les sites sont équipés de systèmes de traitement qui incluent différents types de mesures :

  • des mesures organisationnelles (par exemple l’utilisation de modèles prédictifs pour la maîtrise des pics d’émission de SO2 en fonction des données météorologiques, la conduite des procédés de combustion) ;
  • des mesures techniques (comme la création de stations de traitement des eaux résiduaires).

Ces mesures peuvent être préventives, de manière à éviter la génération de la substance polluante (comme des brûleurs bas-NOx pour les installations de combustion) ou curatives (à l’instar du traitement biologique des eaux de procédé, pour diminuer les teneurs en hydrocarbures du rejet final).

Pour assurer la qualité de ses effluents aqueux, TOTAL s’est fixé comme objectif de veiller à faire respecter, pour toutes ses opérations d’exploration et de production offshore, les exigences de concentration en hydrocarbures (inférieure à 30 mg / l) de la norme OSPAR obligatoire uniquement en mer du Nord. Pour la cinquième année applicable consécutive, cet objectif a été atteint en 2013 par le Groupe en moyenne annuelle.

En 2013, la plateforme de Normandie (usine pétrochimique) a accueilli un projet de recherche européen appelé E4WATER visant à connaître les technologies de demain qui permettront de recycler de l’eau à partir d’une matrice de pollution pétrochimique. Cela consiste à tester sept procédés pilotes (filtration sur sable, ozonation pour réfrigération, traitement de désinfection UV, ozonation pour eaux résiduaires, bio filtration, ultrafiltration et osmose inverse) sur deux flux aqueux du site : eaux résiduaires et eaux de réfrigération. Ces technologies sont matures, mais leur combinaison sur une matrice pétrochimique est innovante. Au terme du projet prévu pour 2015, les connaissances acquises seront utilisées localement pour un projet de recyclage (40% de réduction de prélèvement) ou globalement (schéma de recyclage pour les secteurs Exploration- Production et Raffinage-Chimie). Ce projet vise à la fois une diminution des rejets en substances dangereuses vers le milieu naturel et une économie de ressources naturelles en recyclant l’eau dans les procédés utilisés par le Groupe.

Le tableau suivant indique l’évolution des rejets chroniques atmosphériques (hors gaz à effet de serre ; se reporter au point "Changement climatique") et de la qualité des eaux rejetées :

Tableau présentant l’évolution des rejets chroniques atmosphériques

En 2013, la présentation des rejets d’hydrocarbures dans les effluents a été modifiée afin d’avoir un indicateur cohérent avec l’objectif que le Groupe s’est fixé (réduction de 40% des rejets d’hydrocarbures onshore et côtiers entre 2011 et 2017). Afin de comparer la performance 2013 par rapport à celle des années précédentes, la concentration des hydrocarbures dans les eaux rejetées à l’Exploration-Production est donnée ici : 17 mg / l en 2013 contre 23 mg / l en 2012 et 20 mg / l en 2011.

La légère diminution des émissions de SO2 entre 2012 et 2013 est due aux arrêts des craqueurs catalytiques sur deux raffineries et au bon fonctionnement des unités soufre sur d’autres raffineries. Par ailleurs les combustibles utilisés dans les raffineries du Groupe sont dorénavant très majoritairement gazeux, avec une teneur en soufre négligeable par rapport à celle des combustibles liquides.

En 2013, les émissions de NOx ont augmenté de 5 kilo-tonnes à l’Exploration-Production du fait de l’accroissement des activités de forage et donc de la consommation de diesel, et elles ont diminué de 1,5 kilo-tonnes du fait de la cession de l’activité Fertilisants.

La quantité d’hydrocarbures rejetés en côtier et onshore est en nette baisse grâce à l’amélioration des performances des terminaux pétroliers situés dans le Golfe de Guinée, avec l’entrée en fonction d’investissements d’une part et la meilleure gestion opérationnelle entre les installations offshore et les terminaux d’autre part.

Par rapport aux objectifs que le Groupe s’est fixés début 2013, la situation est la suivante à fin 2013 :

  • 19% de réduction des rejets d’hydrocarbures dans les eaux (onshore et côtier) depuis 2011 à comparer à l’objectif de 40% fixé pour 2017 ;
  • 24% de réduction des émissions de SO2 par rapport à 2010, soit mieux que l’objectif fixé pour 2017 (-20%).

Sols

Les risques de contamination des sols liés aux activités de TOTAL proviennent essentiellement des déversements accidentels (se reporter au point "Risque accidentel" du présent chapitre) et des stockages de déchets (voir ci-dessous).

L’approche du Groupe en matière de prévention et de maîtrise de ces pollutions repose sur quatre piliers :

  • la prévention des fuites, grâce à la mise en oeuvre de standards au niveau des meilleures pratiques du secteur, tant en ingénierie qu’en opération et dans les transports ;
  • des opérations d’entretien à une fréquence adaptée, afin de minimiser les risques de fuite ;
  • une surveillance globale du milieu, pour identifier une augmentation éventuelle de la pollution des sols ;
  • la maîtrise des pollutions résultant d’activités passées, via des opérations visant à les confiner ou à les réduire.

Les installations du Groupe qui ne sont plus en service (usines chimiques, stations-service, bourbiers ou lagunes résultant des activités d’extraction d’hydrocarbures, friches d’unités arrêtées de raffineries, etc.) marquent le paysage et peuvent, malgré toutes les précautions mises en oeuvre, avoir été sources de pollutions chroniques ou accidentelles. TOTAL veille à remettre en état les sites dont il se retire, afin de permettre le développement de nouvelles activités une fois déterminé, en accord avec l’administration, l’usage futur des terrains. Cette activité continue est réalisée par différentes équipes au sein du Groupe, organisées sous forme de filiales pour certaines d’entre elles, et est encadrée depuis 2012 par une politique « Réhabilitation des sites et sols pollués ».

Déchets

Les sociétés du Groupe veillent à maîtriser leurs productions de déchets à tous les stades de leurs activités. Cet engagement s’articule autour de quatre axes, déclinés par priorité décroissante :

  1. réduire les déchets à la source, en concevant des produits et des procédés générant le moins de déchets possibles, mais également en minimisant la quantité de déchets produits par les activités du Groupe ;
  2. réutiliser les produits pour un usage similaire, afin d’éviter qu’ils deviennent des déchets ;
  3. recycler les déchets résiduels ;
  4. revaloriser énergétiquement, autant que possible, les produits non recyclés.

Pour ce faire, TOTAL s’appuie sur divers partenariats :

  • Avec Veolia, le Groupe s’est par exemple engagé dans le projet Osilub, qui a vu la création, au Havre (France), d’une usine de retraitement des huiles de moteur usagées. Opérationnelle en 2012, l’usine dont TOTAL détient 35%, permet d’en retraiter 120 000 tonnes par an (soit 50% de la collecte française d’huiles noires) ; les huiles recyclées sont utilisées pour fabriquer du Vacuum Gas Oil (VGO), à destination des raffineries pour la production de lubrifiants ou de carburants.
  • En 2011, Total Energy Ventures (véhicule d’investissement principalement dans les énergies nouvelles et les technologies de protection de l’environnement) est entré de son côté au capital d’Agilyx. Cette start-up américaine a mis au point un procédé innovant permettant de convertir des plastiques usagés en pétrole brut, pour lequel elle a déjà une unité en production.

Une directive Groupe éditée en 2012 fixe les exigences minimales en matière de maîtrise de la gestion des déchets. Elle s’articule autour de quatre étapes fondamentales :

  • l’identification des déchets (technique et réglementaire) ;
  • leur stockage (protection des sols et gestion des rejets) ;
  • leur traçabilité, depuis la production jusqu’à l’élimination (bordereaux, registres, déclarations) ;
  • leur traitement, avec la connaissance technique et réglementaire des filières, sous la responsabilité du site.

TOTAL attache une importance particulière à la gestion et au traitement des déchets classés dangereux (compte tenu de leur nature, leur traitement est essentiellement effectué à l’extérieur du Groupe, par des entreprises spécialisées) :

Tableau du volume de déchets dangereux traités à l’extérieur du Groupe de 2011 à 2013

TOTAL suit également depuis 2012 le type de filière de traitement des déchets pour les principales catégories ci-après :

Tableau des types de filière de traitement des déchets pour les principales catégories (2012 et 2013)

Nuisances

Les activités de TOTAL peuvent engendrer des nuisances pour les riverains de ses sites industriels. Ces nuisances peuvent être sonores, olfactives mais également issues de vibrations ou encore du trafic routier, maritime ou fluvial.

Les sites ont pour la plupart un système de recueil et de traitement des plaintes des riverains, l’objectif étant de mieux connaitre ces nuisances, et autant que possible, les prendre en compte et les diminuer. Des systèmes de surveillance peuvent également être mis en place, tels que des mesures de niveau sonore en clôture de site, ou encore des réseaux de « nez » permettant d’évaluer l’origine et l’intensité des odeurs.

Risque accidentel

Outre la mise en place d’organisations et de systèmes de management, TOTAL s’efforce de minimiser les risques industriels et les impacts environnementaux liés à ses activités à travers :

  • la réalisation d’inspections et d’audits rigoureux ;
  • la formation du personnel et la sensibilisation de toutes les parties impliquées ;
  • une politique active d’investissements.

TOTAL veille tout particulièrement à prévenir les déversements accidentels. Une méthodologie commune de maîtrise des risques technologiques permet de formaliser cette exigence au niveau de ses sites industriels. Cette méthodologie, qui s’applique progressivement à toutes les activités opérées du Groupe exposées aux risques technologiques, impose une analyse de risques sur la base de scénarios d’accidents pour lesquels la gravité des conséquences et la probabilité d’occurrence sont évaluées. En fonction de ces paramètres, une matrice de décision définit le niveau de mitigation exigé.

Concernant le domaine spécifique des transports maritimes, une politique interne au Groupe fixe les règles de sélection des navires. Ces règles s’appuient sur les recommandations de l’Oil Company International Marine Forum (OCIMF), association de l’industrie regroupant les principales compagnies pétrolières mondiales et promouvant les bonnes pratiques dans le transport maritime pétrolier, et sur son Ship Inspection Report (SIRE) Programme, système de contrôle et de partage des rapports d’inspection des navires. TOTAL n’affrète aucun navire à simple coque pour ses transports maritimes d’hydrocarbures et la moyenne d’âge de la flotte affrétée par le Shipping de TOTAL est d’environ cinq ans.

Conformément aux usages de la profession, TOTAL suit tout particulièrement les déversements accidentels d’hydrocarbures liquides dont le volume unitaire est supérieur à un baril. Ceux qui dépassent un certain seuil de gravité (que ce soit du fait du volume déversé, de la nocivité du produit concerné ou de la sensibilité de l’environnement naturel atteint) font l’objet d’une revue mensuelle et une information statistique annuelle est transmise au Comité directeur du Groupe. Tout déversement accidentel est suivi d’une action de réparation visant un retour aussi rapide que possible de l’environnement à l’état initial.

Le tableau suivant indique le nombre et le volume des déversements accidentels d’hydrocarbures ayant atteint l’environnement et dont le volume unitaire est supérieur à un baril :

Tableau du  nombre et du volume des déversements accidentels d’hydrocarbures ayant atteint l’environnement et dont le volume unitaire est supérieur à un baril

S’il n’est pas tenu compte des quantités déversées lors de l’incident d’Elgin en mer du Nord (environ 700 m3) survenu en 2012, les volumes 2013 sont en hausse par rapport à 2012. Cette hausse s’explique en majeure partie par des déversements dans les raffineries (qui représentent environ un tiers du total), dont plus de 95% a été récupéré, mais également par un meilleur reporting au Marketing & Services.

Bien que l’accent soit mis sur la prévention des risques, TOTAL s’exerce régulièrement à la gestion de crise sur la base de scénarios de risque identifiés par les analyses.

Le Groupe s’est doté en particulier de plans et de procédures d’intervention dans l’hypothèse d’une fuite ou d’un déversement d’hydrocarbures. Pour les déversements accidentels atteignant les eaux de surface, des plans de lutte antipollution propres à chaque filiale ou site, adaptés à leur organisation, leurs activités et leur environnement tout en restant en phase avec les recommandations Groupe sont régulièrement revus et testés dans le cadre d’exercices. En 2012, les exigences du Groupe relatives à l’élaboration des plans d’intervention et aux exercices associés ont été formalisées dans une directive Groupe.

Le Groupe mesure son degré de préparation à la lutte antipollution grâce aux indicateurs suivants :

Tableau du degré de préparation à la lutte antipollution grâce à plusieurs indicateurs (2013)

Également accessible aux filiales de TOTAL, le plan d’alerte PARAPOL (plan d’assistance à la mobilisation des ressources anti-pollution) permet de faciliter la gestion de crise au niveau du Groupe. Sa mission principale : mobiliser à tout moment, sur demande d’un site, les ressources tant internes qu’externes, humaines et matérielles, nécessaires pour répondre aux cas de pollution marine, côtière ou fluviale, sans restrictions géographiques.

Le Groupe et ses filiales disposent de conventions d’assistance avec les principaux organismes spécialisés dans la gestion des déversements de pétrole comme le Oil Spill Response Limited, le CEDRE ou encore le Clean Caribbean & Americas. Ils ont vocation à fournir expertise, ressources et équipement dans toutes les zones géographiques où TOTAL conduit ses activités.

À la suite de l’accident survenu sur le puits Macondo dans le golfe du Mexique en 2010 (dans lequel le Groupe n’était pas impliqué), TOTAL a mis en place trois groupes de travail (task forces) chargés d’analyser les risques et d’émettre des recommandations. La plupart de ces travaux ont été finalisés en 2012 et le Groupe a poursuivi la mise en place de solutions pour limiter ces risques.

En 2012, les travaux menés dans le cadre du Subsea Well Response Project (SWRP), groupement de neuf compagnies pétrolières dont TOTAL fait partie, ont permis de lancer la construction de plusieurs dispositifs de captage (capping) destinés à empêcher le déversement d’hydrocarbures dans le milieu sous-marin, et d’injection de dispersant au fond. En 2013, trois des quatre dispositifs ont été positionnés en différents points du monde et permettent de disposer d’une solution mobilisable au cas où surviendrait un événement de pollution lors d’un forage en eaux profondes. Le dernier sera positionné courant 2014.

En complément, les travaux menés dans le cadre du projet Subsea Emergency Response System (SERS), propre à TOTAL, ont également permis de lancer la construction d’équipements de captage (capping) pour palier un événement sur un puits en production. Ces dispositifs seront positionnés courant 2014 dans le golfe de Guinée où TOTAL est fortement présent en production sous-marine.

En novembre 2013, un exercice de grande ampleur d’une simulation d’une fuite massive et alimentée d’hydrocarbures en offshore profond a été réalisé en Angola. Cet exercice de crise, appelé « Lula », a mobilisé la filiale angolaise pendant trois jours avec des moyens représentatifs de ce qu’aurait demandé la gestion réelle d’un tel événement (plusieurs bateaux, un avion, des hélicoptères, des équipes mobilisées sur le FPSO, aux sièges de la filiale Total E&P Angola à Luanda et du Groupe à Paris, etc.). Il a permis de tester plusieurs des dispositifs mis en place par les groupes de travail post-Macondo :

  • déploiement d’un dispositif d’injection de dispersants au fond ;
  • chaîne logistique pour l’approvisionnement de grandes quantités de dispersants ;
  • les moyens de lutte anti-pollution en surface (dispersion, récupération, etc.) ;
  • les moyens de suivi et de prédiction de position des nappes d’hydrocarbures (suivi satellitaire, modèles d’évolution en fonction des données océano-météorologiques, etc.) ;
  • la mobilisation de partenaires spécialisés dans la gestion de crise et la lutte antipollution.

D’ores et déjà de nombreux enseignements ont pu être tirés de cet exercice et un retour d’expérience détaillé est en cours de rédaction afin d’améliorer encore les capacités du Groupe à répondre à un accident de cette ampleur.

Utilisation durable des ressources

Eau

La répartition de l’eau douce disponible dans le monde se caractérise par sa très grande variabilité dans l’espace et le temps. La question de la consommation d’eau appelle donc une réponse différenciée en fonction des contextes géographiques et techniques.

Afin d’identifier ses implantations concernées en priorité par cette problématique, TOTAL procède à la fois :

  • au recensement des prélèvements et des rejets d’eau sur tous ses sites ;
  • à l’identification des sites se trouvant dans des zones de stress hydrique (bassins versants qui, selon l’indicateur de Falkenmark, présenteront en 2025 moins de 1 700 m3 d’eau douce renouvelable disponible par an et par habitant) ; le Groupe recourt au Global Water Tool for Oil & Gas, un outil développé conjointement par le World Business Council for Sustainable Development et l’IPIECA.

Tableau des Prélèvements d’eau douce et Proportion des sites du Groupe (2011 à 2013)

La baisse des prélèvements en eau, entre 2012 et 2013, provient principalement de la sortie du périmètre de l’activité Fertilisants en 2013.

Le guide « Optimisation de la consommation en eau des sites industriels » formalise les bonnes pratiques pour économiser et recycler l’eau sur les sites du Groupe. Il est très largement diffusé dans le Groupe depuis 2007.

Dans les activités d’exploration et de production, la réinjection dans leur réservoir d’origine des eaux extraites en même temps que l’hydrocarbure (eaux de production) est l’une des pratiques qui permet de maintenir la pression du réservoir. Les spécifications techniques en vigueur dans le Groupe prévoient que cette option soit considérée en priorité, de préférence à d’autres méthodes pour traiter les eaux de production.

Dans les raffineries et les sites de pétrochimie, l’eau est utilisée principalement pour produire de la vapeur et assurer le refroidissement des unités. L’accroissement du recyclage et le remplacement de l’eau par l’air pour le refroidissement sont les deux approches privilégiées par TOTAL pour réduire ses prélèvements d’eau douce.

Sols

Les travaux préliminaires pour la mine de sables bitumineux à ciel ouvert de Joslyn North Mine au Canada ont été lancés en 2013. Sur les 4 000 hectares de forêt défrichés, 630 hectares environ feront l’objet de travaux de réhabilitation à la fin du projet (se reporter au point "TOTAL et les sables bitumineux" du chapitre "Informations sociales, environnementales et sociétales"), le reste devant à terme faire l’objet d’une replantation.

En dehors de ce cas, TOTAL utilise les surfaces de sols dont il a besoin pour mener en sécurité ses opérations industrielles et n’a pas, pour l’instant, d’utilisation extensive de surfaces terrestres qui puisse avoir un conflit d’usage significatif avec les divers écosystèmes naturels ou avec l’agriculture.

Matières premières

Principale matière première du Groupe, les hydrocarbures sont une matière énergétique. Leur utilisation optimale relève donc de ce que l’on appelle « efficacité énergétique », décrite dans le paragraphe suivant.

Depuis 2011, TOTAL mesure activité par activité le taux de perte de matières premières, c’est-à-dire les matières premières transformées qui ne sont ni livrées à un client de l’activité, ni utilisées à des fins énergétiques.

Tableau des Taux de perte de matières premières

Efficacité énergétique

Mieux maîtriser ses consommations d’énergie est un des objectifs de performance du Groupe. Des documents internes (feuilles de route et guides) en décrivent les enjeux, proposent des méthodologies et des pistes d’actions, voire des objectifs chiffrés de réduction. Depuis début 2013, une directive Groupe formalise les exigences à mettre en oeuvre d’ici 2016 dans les sites opérés consommant plus de 50 000 tep / an d’énergie primaire.

Début 2013, le Groupe s’est doté d’un objectif d’amélioration de l’efficacité énergétique de 1,5% par an en moyenne entre 2012 et 2017 au périmètre de l’Exploration-Production, du raffinage et de la pétrochimie à l’exclusion de l’activité résines. Ce périmètre représente plus de 95% de la consommation nette d’énergie primaire du Groupe. Un indice d’efficacité énergétique Groupe GEEI (Group Energy Efficiency Index) a été créé début 2013 afin d’évaluer la performance du Groupe dans ce domaine. Il consiste en une combinaison de ratios d’intensités énergétiques (consommation nette d’énergie primaire rapportée au niveau d’activité) par activité, ramenés en base 100 et consolidés avec une pondération par la consommation nette d’énergie primaire de chaque activité. Par construction, sa valeur est de 100 en 2012 et l’objectif est d’arriver à 92,5 en 2017.

Tableau de la Consommation nette d’énergie primaire et de l'Indice d’efficacité énergétique Groupe GEEI (2011 à 2013)

La baisse de la consommation nette d’énergie primaire s’explique essentiellement par la cession de l’activité Fertilisants.

L’efficacité énergétique Groupe s’est détériorée en 2013 malgré l’atteinte de la performance attendue au Raffinage-Chimie. Ceci est principalement le résultat d’une durée de brûlage des gaz associés pendant la phase de démarrage du champ d’Usan au Nigeria plus longue qu’anticipée (voir point "Changement climatique").

Début 2011, l’organisation interne du Groupe autour des thématiques « climat et énergie » a été modifiée :

  • une instance décisionnelle a été créée : le Comité directeur CO2 / Efficacité énergétique (CODIR CO2 / EE), qui définit les orientations et les objectifs sur les émissions de gaz à effet de serre (GES) et sur les performances énergétiques ; il s’appuie sur un groupe de travail permanent consacré à l’efficacité énergétique (GT2E), voire sur des groupes de travail transverses temporaires ;
  • les journées Réseau Énergie et le séminaire Énergie sont des lieux d’échanges internes, de réflexion et d’information.

Dans le cadre du dispositif français des Certificats d’économies d’énergie (CEE), délivrés par la Direction générale de l’Énergie et du Climat en échange de la réalisation d’actions en ce sens, TOTAL incite ses clients, sur la période 2011-2014, à réduire leur consommation d’énergie de 50 TWh (cumulés et actualisés sur l’ensemble de la vie du produit).

À travers le programme Total Écosolutions, le Groupe développe par ailleurs des produits et services innovants dont le bilan global sur le plan environnemental, comme la réduction de la consommation énergétique ou des émissions de gaz à effet de serre, est meilleur que celui des produits et services à fonction équivalente disponibles sur le marché. À fin 2013, quarante-deux produits et services bénéficient du label Total Écosolutions. Les modules photovoltaïques SunPower, labellisés en 2013, permettent d’éviter environ 40% d’émissions de gaz à effet de serre sur l’ensemble du cycle de vie par rapport à la référence du marché (moyenne des quatre principales technologies concurrentes). Les émissions de CO2 eq évitées sur l’ensemble du cycle de vie par l’usage des produits et services Total Écosolutions, par rapport à l’utilisation de l’offre de référence sur le marché considéré et pour un service rendu équivalent, sont évaluées annuellement à partir des volumes de ventes. Cela représentait 740 000 tonnes CO2 eq en 2012. Début 2013, le Groupe s’est fixé comme objectif d’avoir cinquante labels Total Écosolutions à la fin 2015.

Fin 2012, TOTAL a mis en place une offre efficacité énergétique permettant à ses 40 000 collaborateurs en France d’effectuer un diagnostic énergétique de leur logement (financé à 50%) et de bénéficier d’aides à l’investissement pour la réalisation de travaux d’efficacité énergétique dans le cadre des CEE et de tarifs préférentiels de la part de professionnels du bâtiment partenaires du Groupe.

Recours aux énergies renouvelables

Dans le cadre de sa stratégie, TOTAL est engagé de longue date dans le développement des énergies renouvelables. Le principal axe de développement des énergies renouvelables est le solaire au travers de SunPower (64,65%). TOTAL explore aussi plusieurs voies de valorisation de la biomasse.

Un descriptif détaillé des activités menées par le Groupe dans le domaine des énergies nouvelles figure au point "Énergies Nouvelles" du chapitre "Présentation des activités".

TOTAL utilise les énergies renouvelables pour alimenter quelques sites de production. Le Groupe a installé des panneaux photovoltaïques sur plusieurs de ses bâtiments (Pau – CSTJF, Lacq et Raffinerie de Provence) et sur certaines installations de tête de puits isolées, ainsi que sur les auvents d’un certain nombre de stations-service, en Europe et en Afrique.

Changement climatique

Émissions de gaz à effet de serre (GES)

TOTAL a fait de la réduction des émissions de GES une de ses priorités et s’est fixé pour objectif, à l’horizon 2015, de réduire de 15% par rapport à 2008 les émissions de GES générées par les activités opérées par le Groupe. Des objectifs chiffrés ont également été définis sur le plan de la réduction du brûlage (50% de réduction entre 2005 et 2014) et de l’augmentation de l’efficacité énergétique (1,5% par an entre 2012 et 2017). Ceux-ci sont publiés et suivis annuellement.

Tableau des Émissions de gaz à effet de serre (GES)

Le brûlage des gaz associés est stable en 2013 et inclus toujours 2 Mm3 par jour provenant du site d’Usan en démarrage, qui ne devrait pouvoir commencer sa réinjection des gaz associés que courant 2014 du fait de la structure géologique du réservoir. En excluant ces volumes liés au démarrage d’installations, les volumes de gaz associés brûlés s’établissent à 8,8 Mm3 / j soit une baisse de 40% par rapport à l’année 2005 de référence. L’objectif du Groupe est une baisse de 50% à l’horizon 2014 hors démarrages de nouvelles installations.

La baisse des émissions directes opérées de gaz à effet de serre est essentiellement liée à la cession des Fertilisants qui représentaient 1 Mt CO2 eq en 2012.

Afin de s’assurer que les projets d’investissement sont résistants à l’émergence généralisée d’un coût des émissions de CO2, les investissements sont évalués depuis 2008 en considérant un coût d’émission du CO2 de 25 € par tonne de CO2 émise.

TOTAL investit dans la R&D pour réduire par d’autres moyens les émissions directes de GES dans l’atmosphère. Le Groupe entend notamment développer les techniques liées au captage, au transport et au stockage de CO2. Depuis plusieurs années déjà, il travaille sur les technologies connues sous le nom de CSC (captage et stockage du carbone) afin d’être en mesure de les utiliser sur ses sites industriels lorsque les conditions économiques et réglementaires seront réunies. À ce jour, deux des sites de production dans lesquels TOTAL détient une participation, les champs de Sleipner et de Snøhvit, en Norvège, y ont recours. Le programme de recherche se poursuit, à travers notamment le pilote de Lacq, en France, qui teste le captage par oxycombustion, le transport et le stockage du CO2 dans un gisement de gaz naturel épuisé. La phase d’injection de CO2 a été arrêtée en 2013, mais l’observation du comportement du stockage de CO2 se poursuivra jusqu’en mars 2016.

Adaptation au changement climatique

Le Groupe veille à évaluer la vulnérabilité de ses installations existantes ou futures, en tenant compte des prévisions en matière d’évolution climatique.

Les conditions climatiques sont prises en compte dans la conception des installations industrielles sur la base des extrêmes observés par le passé. Si les installations sont dimensionnées pour résister à de telles conditions, des marges de sécurité additionnelles sont prévues pour chacune d’entre elles.

Au-delà des aspects d’adaptation concernant la limitation des effets anthropiques sur le climat, TOTAL prône des actions concertées, en particulier l’émergence d’un accord international qui soit équilibré, progressif et n’induise pas de distorsion de concurrence entre industries ou régions du monde.

Protection de la biodiversité

En raison de leur nature, et notamment parce que les nouveaux projets de l’Exploration-Production sont localisés dans des environnements naturels qui peuvent être sensibles, les opérations de TOTAL sont susceptibles d’avoir des impacts sur la biodiversité. Il s’agit plus particulièrement :

  • des impacts liés aux chantiers de construction, aux voies d’accès, aux infrastructures linéaires, etc., qui peuvent avoir pour résultat la fragmentation d’habitats ;
  • des impacts physico-chimiques entraînant une altération des milieux et des habitats, ou pouvant affecter ou perturber certaines espèces ;
  • une contribution à la propagation d’espèces invasives, dans les milieux terrestres et marins.

Conscient de ces enjeux, TOTAL s’assure de la prise en compte de la biodiversité dans ses référentiels, et ce à différents niveaux :

  • la charte Sécurité Santé Environnement Qualité (se reporter au point "Informations sur la sécurité, la santé et l’environnement" du présent chapitre), qui spécifie à l’article 10 : « TOTAL veille à maîtriser (…) ses impacts sur la biodiversité » ;
  • une politique biodiversité qui détaille les principes d’action du Groupe en ce sens :
    1. minimiser l’impact des activités sur la biodiversité pendant toute la durée d’existence des installations ;
    2. intégrer la préservation de la biodiversité dans le système de management environnemental, en particulier dans les études d’état initial et dans les études d’impact sociétal et environnemental ;
    3. porter une attention spécifique aux opérations dans les régions dont la diversité biologique est particulièrement riche ou sensible ;
    4. informer et sensibiliser les collaborateurs, les clients et le public en contribuant à améliorer la compréhension des écosystèmes.

La mise en oeuvre de cette politique s’appuie sur un ensemble d’outils et de règles. Dans l’Exploration-Production, des règles et des spécifications encadrent ainsi la réalisation des états de référence et des études d’impact environnemental à terre et en mer. Depuis 2011, un outil de cartographie détaillée des aires protégées dans le monde, sur la base des données régulièrement mises à jour par l’UNEP-WCMC (World Conservation Monitoring Center), est à la disposition de l’ensemble des entités du Groupe. Le Groupe a renouvelé son partenariat avec l’UNEP-WCMC pour la période 2013-2015.

TOTAL est entré courant 2012 sur le domaine minier du Lac Albert en Ouganda en partenariat avec CNOOC et Tullow (33% chacun). TOTAL est l’opérateur du bloc 1 de ce permis, bloc dont l’essentiel de l’étendue se trouve à l’intérieur du parc national des Murchison Falls ainsi que la zone Ramsar du delta du Nil Albert. Ce parc classé IUCN II a été créé pour préserver particulièrement sa faune, dont les espèces emblématiques sont les grands mammifères (éléphants, girafes Rothschild par exemple), des reptiles et de nombreux oiseaux (bec-en-sabot notamment). Pour tenir compte de la biodiversité particulière de ce site, et au-delà de l’application des principes généraux de la politique biodiversité du Groupe, Total E&P Uganda s’est fixé comme objectif un gain net en biodiversité. Dans cette optique, Total E&P Uganda a adopté des règles opérationnelles spécifiques comme l’utilisation de systèmes de géophones sans fil pour les campagnes sismiques, la limitation des pads de forage à une taille de 1 ha (100 m x 100 m), la cartographie des « hotspots » de biodiversité afin d’éviter d’interférer avec des lieux sensibles pour la faune (lieux de reproduction, etc.) lors de la campagne de sismique en cours, en particulier dans le delta du Nil Albert. Une équipe dédiée au sociétal et à l’environnement, comportant des spécialistes de la biodiversité, a été mise en place. Un « Comité de la biodiversité et des moyens de subsistance » a été mis en place avec des parties prenantes externes issues d’organisations nationales et internationales spécialisées dans la protection de la nature et les relations entre communautés et faune sauvage. Son rôle est de s’assurer que les meilleures pratiques sont connues et mises en oeuvre par Total E&P Uganda pour ses opérations au sein du parc de façon à faciliter l’atteinte de son objectif de gain net en biodiversité.

TOTAL s’appuie sur les catégories définies par l’IUCN (International Union for the Conservation of Nature) pour caractériser les aires protégées partout dans le monde. Pour les projets de nouvelles installations et sites de production (hors activités d’exploration, de stockage et de distribution) situés dans les zones protégées les plus sensibles correspondant aux catégories IUCN I à IV telles que les parcs nationaux, TOTAL se donne pour objectif de développer systématiquement des plans d’action biodiversité, basés sur les bonnes pratiques de l’industrie. Chaque projet de développement de nouveau champ fait l’objet d’une étude approfondie qui peut déboucher sur des mesures de prévention. Par exemple, en janvier 2012, les autorités de la République Démocratique du Congo ont attribué à TOTAL un permis d’exploration pétrolière (bloc III) dont environ 30% est situé dans le parc national des Virunga, inscrit sur la liste des sites naturels du patrimoine mondial de l’UNESCO. TOTAL s’est engagé publiquement à ne pas travailler à l’intérieur de la zone définie aujourd’hui comme parc naturel, engagement réaffirmé lors de l’Assemblée générale des actionnaires de mai 2013. Plus généralement, TOTAL s’est engagé à ne pas explorer ni produire d’hydrocarbures dans aucun des sites naturels du patrimoine mondial listés à la date du 4 juin 2013.

TOTAL s’implique enfin dans des initiatives sectorielles comme celles de l’IPIECA. Celles-ci ont donné lieu, en 2010, à la publication d’un guide sur la problématique des espèces invasives, préconisant par exemple la prise en compte des saisons dans la planification des travaux ou la vérification de la provenance des équipements utilisés (se reporter également au point "Optimiser la contribution du Groupe au développement socio-économique des communautés et des territoires où TOTAL est implanté" du présent chapitre).