Document de référence 2013

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Trading

En termes de volumes commercialisés, TOTAL se situe parmi les principaux opérateurs mondiaux, notamment dans le trading de pétrole brut et de produits raffinés. Le tableau ci-dessous présente les ressources et les débouchés mondiaux de pétrole brut et les ventes de produits raffinés pour le Trading du Groupe au titre des trois derniers exercices.

Les volumes physiques négociés de pétrole brut et de produits raffinés se sont établis à 4,5 Mb / j en 2013.

Ressources et débouchés de pétrole brut et ventes de produits raffinés du Trading(a)

Ressources et débouchés de pétrole brut et ventes de produits raffinés du Trading pour 2011, 2012 et 2013

Le Trading intervient largement sur les marchés physiques et les marchés des dérivés, tant organisés que de gré à gré. Dans le cadre de son activité de Trading, TOTAL utilise, comme la plupart des autres compagnies pétrolières, des produits dérivés d’énergie ( futures , forwards , swaps , options) afin d’adapter son exposition aux fluctuations des prix du pétrole brut et des produits raffinés. Ces opérations sont conduites avec des contreparties variées.

Les informations relatives aux positions des instruments dérivés de Trading-Shipping sont présentées dans les notes 30) "Instruments dérivés d’énergie et assimilés, swaps de taux de fret" et 31) "Gestion des risques financiers" de l’annexe aux comptes consolidés du présent Document de référence.

Toutes les activités de Trading du Groupe sont exercées dans le cadre d’une politique rigoureuse de contrôle interne et de fixation de limites d’intervention.

En 2013, le marché pétrolier mondial a été équilibré et les prix du pétrole ont été légèrement en baisse par rapport à 2012. La structure des prix des bruts a subi une augmentation de la backwardation (1). Les prix des bruts en Amérique du Nord ont bénéficié d’une forte réduction de l’écart de prix entre le prix du brut marker WTI (West Texas Intermediate, enclavé dans le centre des États-Unis et subissant un surplus local de production) et le prix du Brent Daté (livré en mer du Nord et accessible au marché international du brut). Les taux de fret ont diminué en 2013 du fait d’une disponibilité toujours croissante de la capacité d’affrètement.

Tableau détaillant le trading pour 2011, 2012 et 2013

En 2013, les activités Trading ont été affectées par un environnement économique mondial décrit ci-dessous. Après un premier trimestre 2013 où la croissance économique mondiale annuelle s’est ralentie, elle est repartie à la hausse progressivement, permettant à la zone euro de sortir de six trimestres de récession au deuxième trimestre 2013. L’amélioration timide s’est tassée au troisième trimestre, affectée par des fluctuations importantes de taux de change dans les marchés émergents et par le débat budgétaire aux États-Unis.

Dans ce contexte, l’augmentation de la demande pétrolière (+1,1Mb / j(2)) quasi identique à 2012) a néanmoins persisté. Le gasoil et l’essence ont tiré la croissance (+0,4 Mb / j chacun) alors que la demande de fuel a diminué (-0,2 Mb / j) du fait des gains d’efficacité réalisés par les armateurs et d’une demande réduite des électriciens japonais. L’augmentation de la demande pétrolière s’est concentrée en Asie et au Moyen-Orient (+0,6 Mb / j au global), alors que la demande en Europe s’est contractée (-0,2 Mb / j).

L’offre pétrolière mondiale estimée a stagné en 2013, n’augmentant que de +0,2 Mb / j après une hausse de +2,7 Mb / j en 2012. La production non-OPEP a augmenté d’environ +1,0 Mb / j, avec une hausse de +1,2 Mb / j en Amérique du Nord (États-Unis et Canada) compensant le déclin ou la stagnation de l’offre dans d’autres pays.

La production de l’Opep a diminué de -1,0 Mb / j (dont brut -1,1Mb / j) D’importantes capacités de production de brut ont été rendues indisponibles (plus de 3 Mb / j au troisième trimestre contre environ 2 Mb / j au début de l’année 2013), limitant ainsi l’offre de certains pays du fait notamment des régimes de sanctions en Iran, des conflits en Libye et des actes de sabotage au Nigeria et en Irak.

L’Arabie saoudite a augmenté sa production durant l’année 2013 pour assurer l’équilibre du marché, réduisant fortement l’excédent de capacités de l’Opep.

Le différentiel entre l’offre et la demande s’est réduit en 2013 passant de +1,2 Mb / j en 2012 à +0,3 Mb / j, du fait de la hausse de la demande et de la stagnation de l’offre, ralentissant d’autant l’augmentation estimée des stocks mondiaux de pétrole. Les prix de brut ont commencé l’année 2013 en hausse, culminant à un point maximal du Brent daté pour l’année de 119,03 $ / b le 8 février. Par la suite, les prix ont chuté régulièrement poussés à la baisse par la détérioration de l’environnement économique en Europe et un marché de brut sur-approvisionné, jusqu’au point le plus bas atteint le 17 avril à 96,83 $ / b. Durant le deuxième trimestre 2013, le prix du Brent daté s’est stabilisé entre 100 $ / b et 105 $ / b. Au troisième trimestre, la tension du marché a tiré le prix du Brent daté à nouveau à la hausse (117,12 $ / b le 6 septembre). Depuis, les prix se sont stabilisés sous la barre des 110 $ / b.

Sur le marché à terme, la backwardation des prix des contrats Brent s’est accentuée avec les mêmes tensions de l’offre qui ont tiré à la hausse les prix spot (Brent daté) au premier trimestre 2013. La backwardation s’est réduite considérablement au deuxième trimestre du fait de la baisse saisonnière de la demande de brut due principalement aux arrêts de maintenance de raffineries. Puis, la reprise post-maintenance des activités de raffinage et de nouvelles tensions sur l’offre ont poussé la backwardation à un pic de 11 $ / b à la fin du mois d’août, avant de diminuer à nouveau en fin d’année.

L’année 2013 a été également marquée par une réduction de l’écart de prix entre le brut WTI et le Brent daté. Entre janvier et avril, l’extension de la capacité du pipeline Seaway entre Cushing, Oklahoma, et le Golfe du Mexique au Texas, ainsi que la mise en service d’autres pipelines de la région du Permian Basin dans l’ouest du Texas vers le Golfe du Mexique, au deuxième trimestre, ont permis de rééquilibrer le marché du centre des États-Unis. Ainsi l’écart de prix entre le brut WTI et le Brent daté de l’ordre de 20 $ / b en janvier / février 2013 s’est réduit pour se fixer à environ 4 $ / b en juillet / août. L’écart de prix s’est creusé à nouveau dès la fin du troisième trimestre avec la montée rapide et persistante de l’offre de brut domestique aux États-Unis face à une hausse de demande plus modérée.

Tandis que la capacité mondiale de raffinage a augmenté d’environ +0,9 Mb / j en 2013, les traitements de bruts n’ont augmenté que d’environ +0,4 Mb / j, pénalisés par des marges de raffinage dégradées. Cette dégradation reflète l’excédent croissant de capacité mondiale de raffinage. Les raffineurs asiatiques ont dominé l’augmentation des traitements en raffineries tout comme celle de la capacité (+0,6 Mb / j et +1,0 Mb / j respectivement).

 

(1) La backwardation se définit comme la situation de marché où le prix futur pour la livraison d’une denrée est inférieur au prix au comptant (spot). Le contango est la situation inverse.
(2) Estimations TOTAL.