Convictions et priorités

"Le sens de notre action : une énergie propre, sûre et compétitive pour le plus grand nombre."

Patrick Pouyanné, Directeur Général de Total

"Nous continuerons à tisser des liens de confiance avec nos parties prenantes."

Durant ses huit années à la tête de Total, Christophe de Margerie a considéré de son devoir de prendre part au débat public. Il a ainsi contribué à ce que notre secteur participe résolument aux débats sur l’énergie, dont les enjeux et les solutions vont au-delà des échelles nationales. Mais son engagement allait plus loin. Comme lui, j’estime qu’une entreprise est concernée par les évolutions plus globales de la société et peut, à sa mesure, jouer un rôle : par la contribution qu’elle apporte au dynamisme économique là où elle est présente, par ses innovations sociales, par le Code de conduite qu’elle s’impose et diffuse autour d’elle.

Pour continuer à tisser des liens de confiance avec nos parties prenantes, je suis convaincu de l’importance d’expliquer nos enjeux et leur complexité, de prendre des engagements clairs et de les tenir, d’être transparents sur nos actions. Dire ce que l’on fait et faire ce que l’on dit : c’est l’état d’esprit que je souhaite pour Total.

"Sécurité et performance économique vont de pair."

La sécurité est le fondement de notre stratégie et nous voulons devenir une référence de notre industrie. C’est pourquoi notre discipline doit encore s’accroître.

Nous progressons dans cette ambition : le taux de fréquence des accidents a été réduit de 50 % en quatre ans. Nos actions portent sur la sécurité au poste de travail et sur la prévention d’événements industriels majeurs. Nous avons harmonisé nos référentiels de management au sein de l’entreprise. Nous avons renforcé nos dispositifs de contrôle et d’audit. Nous encourageons sur le terrain les systèmes de remontée d’anomalies comme celle de bonnes pratiques. Ces résultats sont également le fruit du travail en partenariat avec nos fournisseurs pour respecter les standards les plus élevés.

Les accidents mortels ne sont pas une fatalité de nos métiers. Notre exigence pour tous est le Go home safe ! D’ici à la fin 2015, nous généraliserons auprès de nos collaborateurs et de ceux des entreprises qui interviennent sur nos sites, le dispositif de Stop Card. L’objectif est d’encourager l’engagement individuel pour le respect des règles de sécurité : chacun a le droit et le devoir d’arrêter une situation dangereuse. Pas de sécurité, pas d’opération ! En rendant nos activités toujours plus sûres et plus fiables, c’est aussi notre performance économique que nous améliorons.

"Face aux aléas du secteur, Total sait être réactif et flexible."

Nous avions lancé, début 2014, un programme de réduction de nos coûts face à l’inflation continue dans notre industrie. Un an après, la situation s’est dégradée, puisque le pétrole Brent a perdu la moitié de sa valeur en huit mois. Chaque baisse de 10 dollars du prix du baril représente pour le Groupe un manque à gagner de 2 milliards de dollars. Il convenait donc de réagir vite : sans jamais renoncer à l’exigence absolue de sécurité, l’ensemble des mesures prises contribueront à baisser notre point mort de 40 dollars par baril, la réponse industrielle pérenne dans un environnement volatile.

Nous nous adaptons à court terme mais cela ne modifie pas notre stratégie de croissance organique. Sur les années 2012-2016, Total est au cœur d'une phase intensive d’investissement avec un pic à 28 milliards de dollars en 2013. Nous devons en récolter les fruits en démarrant, dans les délais et les budgets, les projets pour lesquels nous nous sommes engagés. En 2015, notre programme d’investissements diminue de 10%. Néanmoins, il représentera encore entre 23 et 24 milliards de dollars.

"Sur le long terme, les défis de la croissance des besoins en énergie et du climat guident nos évolutions."

Le paysage énergétique a profondément évolué au cours des dix dernières années et il est plus que jamais nécessaire de savoir s’adapter.

Pour aborder les vingt prochaines années, deux grands défis doivent être pris en compte : la croissance des besoins en énergie d’une population mondiale toujours plus nombreuse et le changement climatique.

Je considère comme acquise la réalité du risque climatique lié à l’activité humaine. Le débat doit se concentrer sur les solutions. Et elles doivent être compatibles avec la croissance économique, notamment des pays émergents, au risque sinon de se heurter à des aspirations légitimes. 1,3 milliard de personnes dans le monde n’ont pas encore accès à l’électricité. Avec les perspectives de croissance économique et démographique à venir, l’AIE envisage – en scénario moyen – une augmentation de plus de 35% de l’énergie consommée en 2040 par rapport à 2012 !

La part des énergies renouvelables va croître mais le mix mondial à l’horizon 2040 restera dépendant des énergies fossiles : 74 % dans le scénario moyen et 59% dans le scénario le moins fossile. Pour cela, le développement de nouvelles ressources pétrolières et gazières reste indispensable. Le déclin des capacités existantes représentera en 2030 près de 50% de la production actuelle. Cela nécessitera des investissements majeurs dans notre industrie pour innover et développer de nouveaux projets.

"La priorité pour le climat est de promouvoir le gaz. Et oui au solaire !"

Notre première contribution à l’enjeu climatique est d’être devenu en dix ans autant gazier que pétrolier. Le gaz est la moins émissive des énergies fossiles. Pour un bénéfice climat à une échéance rapide, nous considérons comme une priorité de remplacer autant que possible le charbon par le gaz pour la génération électrique.

Le solaire est clairement pour nous un pari de long terme ! Les progrès réalisés et à venir, aussi bien en termes de technologie que de réduction de coûts, permettent de projeter une rentabilité sans subvention. C’est déjà le cas dans plus de 17 pays. Mais le solaire représente seulement 1 % de la production mondiale d’électricité. Même avec une croissance très forte, son développement va prendre du temps.

Nous améliorons également l’efficacité énergétique, tant de nos installations et procédés qu’en développant des produits et services écoperformants pour nos clients. Pour l’amont, l’arrêt du brûlage continu des gaz associés sur les champs pétroliers anciens reste un levier : nous l’avons déjà réduit de 50 % par rapport à 2005 sur nos productions opérées (hors démarrage) et nous visons zéro brûlage continu d’ici à 2030.

Aider nos clients, c’est aussi trouver des solutions innovantes pour les populations privées de l’accès à une énergie moderne. En 2011, nous avions lancé Awango by Total, une gamme de lampes solaires de qualité, accessibles au plus grand nombre. Depuis, un million de lampes ont été commercialisées dans 23 pays d’Afrique et d’Asie, facilitant le quotidien de 5 millions de personnes.

Enfin, notre industrie doit s’engager de manière plus collective. La prise en compte d’un coût du carbone dans toute décision d’investissement nous paraît notamment essentielle. Mais les efforts isolés des entreprises ne peuvent suffire. Pour créer une dynamique vertueuse, sans freiner la croissance et sans distorsion de concurrence, gouvernements et entreprises devraient s’associer autour d’un mécanisme global et progressif de prix du carbone.

"La transition énergétique en Europe appelle des adaptations industrielles."

En Europe, les efforts d’efficacité énergétique dans les transports génèrent une baisse continue de la demande de produits pétroliers. Total est le premier raffineur du continent mais nous sommes en surcapacité de production. En France, deux de nos raffineries sur cinq perdent de l’argent. Les Européens consomment moins et mieux : cela nous oblige à adapter notre outil industriel.

Nous avons montré ces dernières années que nos adaptations sont menées de manière socialement responsable. Pour cela, des mutations profondes et innovantes s’imposent pour redonner à certains sites un avenir économiquement viable.

Cette méthode a porté ses fruits à Carling. L’activité du vapocraqueur perdait plus de 100 millions d’euros par an. Nous avons réinvesti 180 millions sur de nouvelles activités à plus forte valeur ajoutée. Aujourd’hui, sans le vapocraqueur, Carling dégage un résultat positif.

"L’innovation est au cœur de tous nos enjeux."

Nos dépenses de R&D sont en hausse constante ces dernières années. Nous y consacrerons 7,4 milliards de dollars entre 2015 et 2019.

Les développements les plus récents du digital, avec la généralisation des micro-capteurs et de l’accès au web mobile, offrent un champ immense d’opportunités. Cela permet un monitoring en temps réel d’opérations sensibles ou la maintenance prédictive de machines. Avec à la clé, un gain en termes de fiabilité et de coûts. Cela a aussi ouvert la voie à des produits et services personnalisés pour nos clients et même l’accès à de nouveaux clients avec des business models qui, grâce aux services en ligne, deviennent rentables. Sans oublier que le digital sera un levier majeur d’efficacité énergétique : nouveaux moyens de régulation de la consommation, dématérialisation qui entraîne aussi moins de mobilité et des plateformes web qui rendent possibles à grande échelle le partage de véhicules.

C’est dire si les vingt années qui viennent seront charnières pour notre secteur ! Nous serons une entreprise gazière et pétrolière, participant activement au développement des énergies renouvelables, de façon à procurer au plus grand nombre l'énergie propre, sûre et compétitive dont le monde a besoin.