Document de référence 2013

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La maîtrise des impacts des activités du Groupe

Intégration d’une démarche sociétale dans les processus opérationnels

Pour une meilleure maîtrise des impacts des opérations, la démarche sociétale est désormais intégrée aux processus opérationnels.

Depuis 2012, le sociétal est intégré dans le système de management HSE de l’Exploration-Production appelé MAESTRO (Management And Expectations Standards Towards Robust Operations). Sept audits ont été menés en 2013 aux Émirats arabes unis, au Yémen, en Ouganda, en Bolivie, en Argentine, au Royaume-Uni et en Malaisie.

Depuis 2012, l’outil MOST (Management Operational Societal Toolpermet de piloter et coordonner les projets sociétaux. Il a été mis en place en 2012 dans les filiales du Congo, Gabon, Angola, Nigeria, Ouganda, République Démocratique du Congo, Myanmar et Yémen. En 2013, il a été mis en place en Italie, Indonésie, Bolivie et Venezuela. Ce système rassemble les modules suivants : « dialogue avec les parties prenantes, « gestion des plaintes », « compensation terrain » et « contributions au développement » (avec un module « emploi local » en Ouganda), dont les fonctionnalités ont encore été améliorées en 2013. L’utilisation de ces outils fait partie du processus de professionnalisation des équipes locales dans le suivi et la gestion de l’approche sociétale.

Des études d’impact ont notamment été menées en 2013 en Ouganda et en République Démocratique du Congo.

En République Démocratique du Congo, Total E&P Congo est entré comme opérateur dans le bloc III du Lac Albert. TOTAL a pris l’engagement de ne procéder à aucune activité d’exploration dans le parc national des Virunga, situé pour partie sur le bloc III. En accord avec les autorités nationales congolaises et dans le respect de ses propres règles internes, une étude d’impact (Environmental and Social Impact Assessment) a été menée de septembre 2012 à juin 2013 avec deux visites sur le bloc. Environ 170 parties prenantes ont été consultées. Deux journées ont été consacrées à la restitution, sur place, des conclusions de l’étude aux parties prenantes. Une présentation formelle suivie d’une discussion et d’une séance de questions-réponses a été organisée pour les autorités administratives locales et régionales. Une journée a été également organisée pour les parties prenantes, invitées à prendre connaissance des conclusions de l’étude et à dialoguer avec le management et l’équipe technique de TOTAL.

En Ouganda, Total E&P Uganda est opérateur de certains blocs avec pour partenaire les compagnies Tullow et CNOOC. Selon la législation ougandaise, TOTAL n’est pas tenu de mener une étude d’impact tant que le gouvernement n’a pas approuvé le projet. Cependant, compte tenu de la nécessité de recueillir et intégrer de nombreuses informations sur le contexte sociétal et les impacts potentiels sur les communautés, Total E&P Uganda a choisi de faire appel à une équipe d’experts internationaux et nationaux pour mener un social screening. Environ vingt communautés ont été consultées selon des méthodes reconnues : interviews, groupes focus, recensement des communautés, observation directe sur le terrain. Les résultats du social screening ont conduit à d’importantes modifications du projet pour éviter et minimiser les impacts sur les communautés proches des futures installations.

Au Nigeria, un travail de recherche a été confié depuis 2008 à l’ESSEC / IRENE (École supérieure des sciences économiques et commerciales / Institut de recherche et d’enseignement sur la négociation en Europe) sur l’impact des activités pétrolières sur les populations du Delta du Niger avec des enquêtes terrain et des interviews auprès de 2 000 personnes (Onelga et Eastern Obolo). Cette recherche a pour objectif de déterminer un ensemble d’indicateurs d’impact susceptibles de mesurer l’effet direct des activités du Groupe sur les conditions de vie des populations concernées. Les résultats seront consolidés courant 2014 et serviront de base à une réflexion pour la mise en place d’indicateurs simplifiés pour d’autres filiales.

En outre, le Groupe fait régulièrement appel à CDA, organisme indépendant à but non lucratif, pour évaluer l’impact de ses activités et de ses programmes socioéconomiques dans les pays-hôtes. Par exemple, CDA a mené plusieurs missions ces dernières années au Myanmar, dont les rapports sont disponibles en ligne sur le site de cet organisme.

Actions de sensibilisation à la sécurité routière en Afrique

Le Groupe a développé au fil des années un projet de sensibilisation d’envergure autour de la sécurité routière visant l’ensemble des usagers de la route. De par son activité de distribution sur le continent, la direction Afrique Moyen-Orient est particulièrement sensible à ces questions. Elle a déployé un programme d’amélioration du transport routier, PATROM, qu’elle ne cesse d’enrichir au fil des années.

En 2013, la direction Afrique Moyen-Orient a ainsi lancé une importante vague d’évaluations des transporteurs, réalisées par des professionnels du transport, afin de vérifier le management de la sécurité au sein de ces entreprises : 273 transporteurs ont été audités à la fin 2013, ce qui représente 73% des transporteurs de la zone. Ces audits ont été complétés par cinq conventions régionales rassemblant l’ensemble des transporteurs pour renforcer le partage d’expérience, le dialogue et les bonnes pratiques. Ces actions viennent enrichir celles menées par les filiales avec les autorités locales pour renforcer la sécurité des transports et la formation des chauffeurs.

Parallèlement le Groupe poursuit son partenariat avec la Banque mondiale, dans le cadre de la résolution des Nations unies pour la décennie d’actions pour la sécurité routière. Des ONG au Kenya, Ouganda et Cameroun ont été créées pour regrouper les parties prenantes. Cette collaboration intitulée ARSCI (African Road Safety Corridors Initiatives) a permis de mutualiser et d’intensifier les actions sociétales visant à réduire l’accidentalité routière considérée comme un problème de santé publique majeur.

Des études menées en partenariat avec des universités permettent d’établir une cartographie de ces axes routiers et d’identifier les zones à risque pour cibler les actions à entreprendre en priorité. Ces informations affichées sur les ordinateurs de bord des camions permettent aux chauffeurs de redoubler d’attention lorsqu’ils traversent les points ainsi identifiés mais aussi de mettre en place une signalétique appropriée. Des caravanes de sensibilisation ont également été organisées en coopération avec les forces de police dans le cadre de la semaine de la sécurité routière sur ces axes pour informer les conducteurs mais aussi les piétons sur les dangers de la route. De nombreuses animations ont permis d’attirer un public large lors de ces opérations. Les partenaires privés mettent progressivement en place des chartes communes guidées par des principes qu’ils s’engagent à défendre et à adopter : actions conjointes de sécurité routière pour la communauté, normes techniques pour les véhicules, formation des chauffeurs, échanges de données…

Dans sa démarche de sensibilisation des populations les plus vulnérables le Groupe s’est appuyé sur l’expertise du GRSP (Global Road Safety Program) pour lancer en 2012 les « cubes sécurité », une large campagne d’éducation à destination des enfants. Cet outil, déployé dans les écoles par les filiales, permet aux écoliers d’assimiler de façon ludique et pédagogique les règles et comportements à adopter face aux dangers de la route. L’objectif est d’atteindre un million d’enfants sur trois ans.